EPICURE

Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 19:52
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Première partie
                     Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite les, convaincu que ce sont là les principes nécessaires pour bien vivre. Commence par te persuader qu’un dieu est un être vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela à la notion commune qui est tracée en nous. N’attribue jamais à un dieu rien qui soit en opposition avec l’immortalité ni en désaccord avec la béatitude ; mais regarde-le toujours comme possédant tout ce que tu trouveras capable d’assurer son immortalité et sa béatitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu’on en a est évidente.
                       Mais, quant à leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit. Et l’impie n’est pas celui qui rejette les dieux de la foule : c’est celui qui attribue aux dieux ce que leur prêtent les opinions de la foule. Car les affirmations de la foule sur les dieux ne sont pas des prénotions, mais bien des présomptions fausses. Et ces présomptions fausses font que les dieux sont censés être pour les méchants la source de tous les grands maux comme, d’autre part, pour les bons la source des plus grands biens. Mais la multitude, incapable de se déprendre de ce qui est chez elle et à ses yeux le propre de la vertu, n’accepte que des dieux conformes à cet idéal et regarde comme absurde tout ce qui s’en écarte.
 
 
 
 
 
 
 
Deuxième partie
 
 
                  Prends l’habitude de penser que la mort n’est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n’est rien pour nous, nous rend capable de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d’une durée infinie, mais en enlevant le désir de l’immortalité. Car il ne reste plus rien à redouter dans la vie pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n’ y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre non pas parce qu’elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu’il est douloureux de l’attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l’attente d’une chose qui ne cause aucun trouble par sa présence.
                Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, quand la mort existe nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’ a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tantôt fuit la mort comme le pire des maux, tantôt l’appelle comme le terme des maux de la vie. Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n’a pas peur non plus de ne plus vivre. De même que ce n’est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous préférons, mais parfois la plus agréable, pareillement ce n’est pas toujours la plus longue durée qu’on veut recueillir, mais la plus agréable. Quant à ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est dépourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon même pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un. On fait pis encore quand on dit qu’il est bien de ne pas naître, ou, « une fois né, de franchir au plus vite les protes de l’ Hadès ». Car si l’homme qui tient ce langage est convaincu, comment ne sort-il pas de la vie ? C’est là en effet une chose toujours à sa portée, s’il veut sa mort d’une volonté ferme. Que si cet homme plaisante, il montre de la légèreté en un sujet qui n’en comporte pas. Rappelle-toi que l’avenir n’est ni à nous ni pourtant tout à fait hors de prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s’il devait sûrement arriver, ni nous interdire toute espérance, comme s’il était sûr de ne pas être.
 
 
Par Prof - Publié dans : EPICURE
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 19:45
 
EPICURE LA RELIGION
 
I.                     Commentaire de « On ne doit pas craindre les dieux »
 
Structure du texte
 
Introduction
L 1 à 3 «  Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les, convaincu que ce sont là les principes nécessaires pour bien vivre. »
Impératif , ton prescriptif d’un maître à son disciple. Figure du sage
Contenu du conseil : étapes initiatique
a)       recevoir l’enseignement du maître
b)       mettre en pratique
c)       réfléchir
 bien intégrer les principes enseignés, se les rendre familiers, la répétition est un mode de l’apprentissage.
Orientation pratique : apprendre des principes
 
A    l 3 à 8   Besoin d’un modèle du bonheur : existence des dieux
B    l 9 à 16 Critique de la doxa
 
« Commence par te persuader qu’un dieu est un être vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela à la notion commune qui est tracée en nous. »
Etonnement :
 
a)       c’est une prescription, invite à se persuader de qqch
b)       elle porte sur une définition des dieux ( contexte éclairant) Pourquoi commencer un enseignement sur l’art de vivre par l’attitude à tenir à l’égard des dieux ?
c)       invite à suivre une notion commune Pourquoi ? Semble envers du philosophe.
 
Se persuader ?
Faut-il chercher à se conformer à croyance en vigueur dans la société pour ne pas être accusé comme Socrate, ostracisé comme Phidias, vilipendé comme Euripide ?
Réalité de la pratique cultuelle religieuse
Prudence ?
Dogme ?
 
Epicure croit aux dieux, mais en donnera une définition originale. : « les dieux sont faits d’atomes » Théologie matérialiste
Ici , immortel , incorruptibles : différence radicale avec les hommes
Caractéristique morale : bienheureux : modèle du bonheur
Par la suite répétition lignes 5 immortalité et béatitude et lignes 7 à nouveau ;;; 3 fois en tout
Ancre la définition c’est aussi une façon de se persuader.
Pourquoi ?
Réponse «  Car » indique une explication : dogme existence des dieux
 
Pourquoi invite-t-il à suivre la notion commune tracée en nous ?
Pourquoi ensuite se contente –t-il d’une connaissance évidente ?
 
Eclairage par l’œuvre  et par la définition
-          Il y a des notions communes tracées en nous : prolepsis , prénotions ou anticipations
Explication de la connaissance par un procédé de reconnaissance qui met en jeu la mémoire.
Un souvenir est toujours plus ou moins vif en nous, il peut se réveiller. Percevoir une silhouette, c’est déjà deviner que se profile un homme. Sentir une odeur de brûlé m’aide aussi à anticiper…
Ame souple, comme de l’argile malléable qui conserve les empreintes du passé et sait reconnaître les formes semblables
Idée acquise par l’expérience. C’est après avoir vu une deux, puis trois oiseaux de Minerve, que je peux m’en donner une idée générale, une prénotion de la Chouette.
Mémoire laisse traces de l’expérience passée types. L’idée n’est donc pas une intuition intellectuelle, réalité pure, elle
Jean Brun L’Epicurisme : «  Une sensation plusieurs fois répétée laisse en nous une empreinte et elle nous donne la possibilité de devancer la sensation en fonction des empreintes qu’ont laissées en nous des sensations antérieures semblables »
 
NB/ 4 critères de la vérités expliqués dans la Lettre à Hérodote
a)       les prénotions
b)       les sensations
c)       appréhensions immédiates de la pensée idée abstraites, visualisation mentales
d)       affections ( plaisir ou douleur) connaissance du nuisible
 
Renversement /Arsitote source de vérité, base de connaissance mais non critère, supériorité de l’intellect, critère nécessité universalité. Philosophe doute sur illusion des sens.
 
Difficulté : Comment pouvons-nous avoir une prénotion des dieux ? obéissance en la tradition ?
Comment pouvons-nous en avoir une connaissance évidente ? Soumission du penseur ?
Faiblesse du dogme traverse toute l’œuvre. Le bonheur est d’abord celui des dieux
Art humain, art de l’imitation d’un modèle ; s’inspirer et épouser modèle divin.
 
Les dieux nous apparaissent : ils sont.
Ils nous impressionnent et laissent des traces.
Comment pouvons-nous connaître les objets du monde ? leur rayonnement produit sur nos yeux une image ( phantasia)
Ex : impression des aveugles qui retrouvent la vue être touché par objets
Simulacres eidôlon qui donnera idoles rayonnement atomique continu, les objets nous envoient
 
Problème de déduction l’existence des dieux à partir de l’idée qu’on en a
Postérité historique
Descartes/ Kant
 
Prescription :
1)       Se donner une définition simple des dieux : suivre la notion commune
2)       Cohérence dans nos réflexions , ne pas contredire les qualités divines
 
Peut- être prudence ; mais aussi besoin d’un modèle.
Pb  critique : Peut-on se passer de la religion en matière de morale ?
Cf Kant ; Rousseau « il faudrait des dieux pour donner des lois aux hommes »
Religion est-elle une aide ou un entrave ?
 
Démarche Epicure : réaffirmation d’un dogme pour modèle moral.
 
B    l 9 à 16 Critique de la doxa
 
Mais l 9 intro objection :
Croyance critiquée indique démarche reste philosophique
définition des dieux
définition de l’impie.
par la foule la foule.
Erreur porte sur la anture , bad définition
Renversement opéré par Epicure : l’impiété n’est pas dans rejet mais dans mauvaise                  définition. Audace de s’oppose à la tradition et e justifier son rejet.
Non existence des dieux qui est critiquée que manière de définir
 
b) Argumentation : différence entre prénotions et présomptions fausses, non intuitions justes mais imagination fallacieuses
Croyance populaire sources de craintes : dieux à l’origine de châtiments pour méchants, récompense pour les bons. Nous sommes marionnettes des dieux. Destin
Origine du malheur en rejetant la faute
Cf Sartre destin
 
d)       La foule choisit les dieux qui lui conviennent, en fonction du mode de vie qu’elle souhaite suivre.
La foule n’a pas le souci d’être juste, arrangements, juge des dieux en fonction de son idéal
La foule est démesurée, obstinée, idée confuse de la vertu et obstination dans cette idée
En fonction d’une morale supposée, elle se choisit les dieux.
 
Critique de la foule :
a)méconnaissance de la anture des dieux
b) intolérante et méprise sur la véritable impiété
conformisme aveugle, tranchant dans ses jugements (fin du passage)
d)       imagination débordante, ne se contente pas des prénotions, se raconte des histoires
e)       crainte des dieux,
f)        idée confuse de la vertu, illusion liée à l’idéal , au désir
g)       obstination «  se déprendre de sa définition »
 
Ce qui est visé : croyances populaires
Il faut donc rompre avec la religion , première condition du bonheur
Pourquoi ?
-          Cause du malheur : anxiété des rituels , approche séductrice plaire ou déplaire, déresponsabilise, ; Ella accable Lucrèce
-          Platon et l’impiété « la graisse et la fumée des sacrifices permet-elle vraiment de séduire les dieux ? »
-          Paradoxe dénoncé par Lucrèce : un crime peut devenir un acte religieux, s’il est interprété comme sacrifice ( Ex Iphigénie)
 
Marcel Conche religion astrale dérivée des Platoniciens astres sont des dieux doués d’âmes intelligentes , donne des décrites inflexibles.
 
Argumentation convaincante ?
Distinction entre prénotions et présomption fausse, intuition et imagination
Simulacres de nature ténue, vus par la raison et non donnés dans la sensation.
Corps des dieux.
Reçus plus facilement pendant le sommeil !
Objection : Comment savoir si ces images ont un fondement transcendant , un correspondant dans la réalite ?
Beauté éclatante de la figure des dieux, pas d’usure, pas de déformation
Objection 2 Comment accorder le monde périssable avec le monde impérissable ? Y a-t-il une place pour de tels dieux ?
Explications chez Lucrèce, si l’acheminement vers mort est une perte atomique
Chez les dieux il ya compensation, renouvellement continuel
«  L’immutabilité des dieux reflète l’immutabilité des lois du hasard »
Ataraxie parfaite , Homère mais sans les passions
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Réflexion sur la mort (thème)
Deuxième remède/ perspective fin vie
Comment peut-on se faire une idée juste de la mort ?
Influence culturelle Grèce
Questionner élèves sur Egypte, Judaïsme, Bouddhisme, Christianisme
 
Rechercher le problème, interrogation philosophique de l’auteur
Critique des représentations fausses de la mort ?
Y a- t-il de bonnes représentations de la mort ? A-t-on raison d’avoir peur ?
Ex : Enfer Egyptien (anénatissement des méchants), supplices des danaïdes, tantale, sisyphe jce non morale mais imposée par Zeus, insupportable au romantisme ( moi) au VI peur de l’enfer utilisée à des fins politiques, relativisée par Rimbaud » Je parviens à faire s’évnouir de mon esprit tute l’espérance humaine »
 
Critique des attitudes face à la mort ; car argumentation ne porte pas sur objections aux définitions adverses, mais affirmations de principe mort néant.
«  On prononce donc de vaines paroles » l 6
l 14 Mais la multitude tantôt fuit, tantôt l’appelle. Est opposée à l’attitude du sage. ( L 15)
l 18 «  Quand à ceux qui conseillent »
3 séries de critique :
-          crainte utile ou non ?
-          la fuite ou la précipitation
-          mauvais conseils
3 degrés de représentations confuses de la mort auxquelles Epicure oppose la connaissance.
Crainte naît de l’ignorance, connaissance élément essentiel du bonheur, Ethique/Physique
 
Thèse On ne doit pas craindre la mort
Définir la mort nous aide à jouir de la vie
Ne soyons plus les otages de nos opinions cathartique
 
Enjeux :
-         réfléchir sur nos attitudes ( tableau)
-         critique de la connaissance possible de la mort, valeur discours religieux
 
Plan
 
I.                    La connaissance de la mort( néant de douleur) enlève le vain désir d’immortalité
( ligne 1 à …redoutable ligne6)
II.                 La crainte de la mort est inutile
De ( « On prononce donc de vaines paroles » l6 à pas peur non plus de ne plus vivre l 16)
III.               Philosopher, c’est apprendre à mourir
( De m^me que ce n’est aps toujours l 16 n’en comporte pas l 25
IV.              L’avenir n’est pas objet de crainte
Rappelle-toi L 25 à fin
 
Etude ordonnée
Intégrer
Stoïcisme
 
Par Prof - Publié dans : EPICURE
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