De sang froid ( histoire de stoïcien )

Publié le par Prof


 Que faut-il comprendre  de cette légende de la jambe cassée d' Epictète ?

Réponse à une question d'élève.


Epictète a bien dit à son maître : "Attention, si tu continues à tordre ma jambe tu vas la casser ..." et puis CRAC comme par hasard...la réplique tu la connais : "Je t'avais bien dit que tu allais la casser."
Evidemment, une telle force d'esprit est déroutante  et nous laisse pantois. Jusqu'où serions nous capables de résister à la douleur ? Serions nous capables de repousser les limites ?
 
Dans la pratique des arts martiaux, on observe ce genre de tentatives : endurcir le corps , repousser les limites, il y a une certaine efficacité chez ceux qui s'entraînent très dur !! très longtemps !
 
Mais, il y a chez les stoïciens, une philosophie qui va beaucoup plus loin que la volonté de se dépasser...
Non.
Et si l'acceptation est en effet une attitude stoïcienne, elle  ne se limite pas à un souci de bien être immédiat.
 
 Que faut-il comprendre ?
Les douleurs sont de plusieurs ordre : morales ou physiques...La douleur de la mort est sans doute la plus nocive. Mais si Epicure recommandera de ne plus y penser parce que la mort n'est rien pour moi. Le stoïcien va recommander d'y penser régulièrement pour finir par accepter l'ordre des choses quand celui ci est inévitable.
Cette acceptation n'est pas  passivité ( sauf dans l'exemple d' Epictète où le juron pouvait aussi très bien faire l'affaire exceptionnellement...à mon avis).
L'important à savoir  c'est que pour être heureux il faut se conformer à la nature.
A quelle nature ?
Pas la nôtre, mais cet immense être vivant qui est aussi DIEU qui est aussi LOGOS : la Raison divine l'ordre des choses.
Mais la nature humaine réclame un travail pour s'actualiser : il ne faut donc pas accepter les choses au sens de se résigner, mais il faut connaître ce qui est nécessaire et ne pas désirer l'impossible.  Il ne s'agit pas de tout accepter, mais de se conformer à la necessité DIVINE, à l'ordre parfait de la nature. Qui d'autre que le LOGOS est mieux placé pour me donner des conseils ? Si je dois mourir c'est que c'est préférable pour le tout. Donc à moi de changer mes pensées...Il me faut donc d'abord apprendre à connaître l'ordre des choses, à savoir la phusis, la nature.
De plus, si j'apprends à reconnaître ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas, je saurai mieux choisir et je ne perdrai pas mon temps à me lamenter sur des choses nécessaires. 
Par contre la torture que subissait Epictète était-elle vraiment nécessaire ?
 
 Il n' y a pas de vrai stoïcien sans l'apprentissage des trois dimensions LOGIQUE PHYSIQUE MORALE
La morale est solidaire de la connaissance du logos ou de la nature.
Donc accepter n'a pas le sens qu'on lui donne aujourd'hui. .c'est beaucoup plus profond ici, c'est accepter en connaissance de cause, c'est reconnaître la perfection de la nature.
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Publié dans STOICISME

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