EUTHYPHRON de PLATON analyse de l'oeuvre

Publié le par Prof

EUTHYPHRON

de PLATON

Sur la piété

Genre probatoire, peirastique ( en réinterrogeant les présupposés de la thèse à critiquer)

 

Forme dialoguée

 

Le Problème initial pour Socrate : Comment Euthyphron peut-il être certain d’avoir raison de poursuivre en justice son père ? Derrière le contexte dramatique, la question de la reconnaissance des normes et des valeurs se pose. Peut-on être certain de reconnaître ce qui est juste et pieux ?

Le problème est triple :

Celui de la justice

Celui de la religion

Et aussi celui de la vérité : comment être certain d’avoir raison ?

En définitive, c’est la question du jugement qui est abordé dans l’œuvre.  Même si le dialogue est aporétique, il met en valeur l’attitude socratique comme visée de l’essence.

Se dessine déjà la thèse  platonicienne d’une nécessité politique d’une justice transcendante, inspirée des Formes, des Idées. La vérité se recherche, elle ne se donne pas dans une représentation traditionnelle, dans une certitude non réinterrogée. ; elle exige une exercice rationnel , philosophique.La posture de l’opinon commune est incarnée ici, par la figure d’ Euthyphron, à la fois orthodoxe et hétérodoxe ( il passe pour un fou aux yeux de l’opinion publique).

 

 

Démarche : Tester les définitions de la piété proposées par Euthyphron

 

Méthode : dialectique. Socrate recherche l’essence de la piété, et amène Euthyphron à clarifier sa représentation de la piété.

Œuvre emblématique de la démarchecritique : tester  des hypothèses, étudier leur résistance en remontant jusqu’aux présupposés, et éliminer les fausses hypothèses.

 

Intérêt : De manière très générale, il s’agit de réfléchir sur la question des NORMES en matière de Justice. La justice d’un Etat peut-elle se fonder sur des normes religieuses ?

Plus particulièrement, en début de texte, la question du droit de punir est posée par l’attitude d’Euthyphron.  Si toute injustice mérite d’être punie, peut-on être certain de la conduite à tenir dans un cas particulier ?

 

 

 

Plan général. L’essentiel de l’argumentation

 

Intro : Contexte dramatique ( 2a – 5 d)

Et problématique existentielle…

Le chiasme des procès.

Socrate est poursuivi pour impiété. Euthyphron poursuit son père qui a laissé mourir de faim un ouvrier de son fils qu’il voulait punir d’avoir, sous l’emprise de l’alcool, tué un esclave. Le père n’a pas respecté la procédure légale, il n’a pas attendu  l’arrivée de l’exégète pour connaître le sort réservé à l’ouvrier et a abandonné le malheureux dans une fosse sans aucune   possibilité de subsistance .

Le premier problème apparaît : Quelle est la conduite à tenir en cas d’évènement dramatique ? Comment puis-je reconnaître mon devoir ? ( Des hypothèses ont été testées dans le cours, en outre, avec le cas Eichmann).

Ce qui pose problème à Socrate, c’est qu’ Euthyphron est persuadé d’avoir raison de poursuivre son père en justice pour impiété( la religion est civile, dans cette Grèce antique). Il faudrait donc être capable de définir l’essence de la piété avant de s’engager dans un tel procès.

 

II. Première définition à tester ( 5d-6 e)

Est pieux, ce que moi, Euthyphron je fais, à savoir poursuivre en justice celui qui a commis une injustice, quelque soient les circonstances..

 

Réfléchir : Quel est l’intérêt d’un procès ?

Euthyphron a-t-il raison ? Cherche-t-il à se venger de son père ? S’il est sincère, ne fait-il pas preuve de rigidité dans son jugement?

 

Passage à expliquer :

L’objection de Socrate.( 6b – 6 e)

En quoi la visée de l’essence est-elle nécessaire pour bien juger ? ( cf. fiche suivante)

 


 

III. Deuxième définition ( 6 e- 11 b)

Euthyphron joue le jeu et corrige sa première définition. Est pieux ce qui est cher aux dieux… mais la mythologie offre-t-elle des normes univoques ? Puis, il précisera ensuite, ce qui est cher à tous les dieux. Mais, l’amour peut-il être source des valeurs et des normes ? Ce qui est pieux est-il pieux par ce qu’il est aimé ou par ce qu’il est pieux ?

 

IV. Intermède

Pause dans l’analyse

V. Troisième définition ( 11 e- 14 a)

Euthyphron pose l’identité de la justice et du pieux. Est pieux ce qui est juste.

Mais quel est le véritable rapport à la justice ?

Soigner les dieux, c’est chercher à leur être utile. Leur rendre service , c’est être soumis.

L’idée de justice ne contient-elle pas plus de sens que cela ?

 

VI. Quatrième définition ( 14 a – 15 c)

Nouvelle hypothèse d’ Euthypron : la piété serait bien un savoir : la connaissance des prières et des sacrifices. 

Cependant, cette attitude n’est-elle pas plus proche de la superstition que de l’adoration ? Adresser  aux dieux des demandes et des présents, c’est chercher à s’attirer leurs faveurs. Est-ce là la vraie piété ou une « technique commerciale » ? La ferveur religieuse  peut-elle être basée sur l’intérêt (cf. Pascal. Le pari) ?

Nous sommes donc dans un cercle vicieux.
APORIE.

 

VII. Conclusion ( 15c – 16 a)

Socrate qui avait feint être l’élève d’ Euthyphron pour qu’il lui enseigne son savoir si certain, s’amuse à demander une dernière fois une connaissance claire. Mais Euthyphron se dérobe : il n’a pas le temps ! Etre délivré de l’ignorance aurait été un grand bien, car la vertu aide à vivre mieux. Socrate devra affronter seul les accusations de Mélétos.

Frédéric Lair (à suivre).

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A
Bonjour bonjour !<br /> <br /> Bon, et bien je crois que nous n'avons jamais été aussi près du but...<br /> <br /> Juste une petite question : <br /> <br /> pouvons-nous tomber sur deux sujets du même thème (ex: une dissertation sur le désir, et l'explication de texte sur autrui, tous deux étant des chapitre du thème "le SUJET"<br /> <br /> En vous remerciant de cette superbe année...<br /> <br /> Alexandra
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P
<br />  Bonjour Alexandra,<br /> <br /> D'abord merci à toi pour le compliment et le sourire...<br /> <br /> Pour les sujets, tout est possible, même si totu n'est pas souhaitable..par exemple les sujets sur la connaissance de soi et des autres...ne doivent pas seulement être traités du point de vue<br /> psychologique, mais il faut aussi penser au cours sur la connaissance : à l'interprétation : peut-on expliquer l'homme sur le modèle des sciences de la nature ?<br /> <br /> En fait, puisque le principe de la dissertation : c'est d'examiner les différentes dimensions du problème, il est bon retrouver les articulations entre les notions...<br /> touours sur un sujet sur la connaissances des autres...tu peux passer en revue au brouillon les notions côté culture qui pourraient être intéressantes : tiens ! L'histoire  ..ou l'art..voilà<br /> une autre manière d'approcher l'humain...<br /> <br />     Ainsi, au delà de la notion présente dans l'intitulé de la question, il faut chercher les liens avec les autres notions...<br /> <br />  Zen ! Fais comme d'habitude, prends bien le temps de cchercher les lies et construire ton plan...Tu as jusqu'à 2 heures avant de rédiger au propre.<br /> <br />  Peux-tu me transmettre les sujets, demain soir ? Tu me diras comment ça s'est passé , si tu as le temps...sinon, après la série des épreuves..<br /> <br /> <br />