Textes sur la vérité
C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité et la renforcent davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ; quand l’on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n’ont que la vanité et le mensonge ; mais la vérité et la violence ne peuvent rien l’une sur l’autre. Qu’on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales : car il y a une extrême différence, que la violence n’a qu’un cours borné par l’ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu’elle attaque : au lieu que la vérité subsiste éternellement, et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu’elle est éternelle et puissante comme Dieu même.
Pascal, Pensées.1670
1. Pourquoi la violence est-elle l’ennemie de la vérité ?
2. Expliquez : « Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. »
3. Est-il naïf de croire que la vérité est immortelle ?
4. Vérité et violence sont-elles nécessairement incompatibles ?
C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques.
Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Etoiles, enfin la genèse de l’Univers.
Or, apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance […].
Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue dela connaissance et non pour une fin utilitaire.
Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre.
Aristote, métaphysique.
Questions de compréhension :
1. A quelles questions l’auteur cherche-t-il à répondre ?
2. Expliquez l’expression : « apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance ».
3. Pour quelles raisons les philosophes se livrèrent-ils à la philosophie ?
4. Quelle est la structure logique du texte (plan) ?
Question de réflexion :
1. A-t-on raison de croire que la philosophie est inutile ?