TD Langage humain et communication animale

Publié le par Prof

Les symboles sont-ils magiques ? DIMENSION NATURELLE ET CULTURELLE

 

 

 

Texte A) Michel RIVAL Les grandes expériences scientifiques, à propos de Karl Von Frisch, Le Professeur des abeilles

 


Dès les années 20, von Frisch savait ainsi que « les abeilles qui avaient découvert une source de nectar informaient leur congénères de la ruche par une danse sur la planche d’envol et que le parfum qui adhérait aux danseuses les renseignaient sur la nature des fleurs qu’il fallait chercher. »

Von Frisch se demande alors si les abeilles ne se communiquent pas aussi des informations sur la direction et la distance du but, ou bien si les abeilles informées se bornent à chercher aux abords de la ruche, puis de plus en plus loin jusqu’à ce qu’elles aient découvert les fleurs qui les intéressent. Le 12 août 1944, il place une coupelle d’eau sucrée parfumée à la lavande assez loin de la ruche ( 150 m) et deux coupelles témoins parfumées à la lavande, l’une près de la ruche, l’autre près de la première coupelle. Il s’attend à voir les abeilles  qui ont été informées par la danse chercher d’abord à proximité, puis, dans un rayon de plus en plus grand. Mais tel n’est pas le cas. La coupelle située près de la ruche n’intéresse pas les abeilles, tandis que la coupelle éloignée est bientôt entourée d’un essaim d’abeilles. «  Y avait-il donc un langage pour signifier l’éloignement ? » se demanda von Frisch.

Pour le savoir, il se livre à une seconde expérience. Il s’arrange pour que deux groupes d’abeilles de la même ruche aillent en même temps butiner à des coupelles situées à des distances différentes(12m et 280m). Les abeilles de la coupelle rapprochée sont marquées d’un point bleu sur l’abdomen, celles de la coupelle éloignée d’un point rouge. Espérant qu’il pourra déceler une différence dans la danse des deux groupes, von Frisch ouvre la ruche : «  A mon grand étonnement, toutes les abeilles bleues de la coupelle rapprochée dansaient en rond, tandis que les rouges de la coupelle éloignée exécutaient une danse frétillante. » […]

Von Frisch se met alors à comparer les danse des abeilles dont les sources de nourriture  sont situées à des distances grandissantes et constate que le rythme de la danse est différent : » Pour des distances de 100m, il est assez rapide pour exécuter en quinze secondes le mouvement rectiligne de la dans frétillante .Lorsque la distance augmente, le rythme décroît en proportion. A chaque distance correspond un rythme déterminé. »

Mais si les abeilles peuvent évaluer la distance de la source de nourriture, comment savent-elles dans quelle direction chercher ? La solution vint le 15 juin 1945.[…] En somme, les abeilles se comportent exactement comme l’aiguille d’une boussole qui indique toujours le nord, quelle que soit son orientation ! Von Frisch parvient ainsi à déterminer précisément les règles par lesquelles les abeilles indiquent à leur congénères la direction du but : »un parcours vers le haut indique que l’ emplacement de la nourriture se trouve dans la direction du soleil ; un parcours vers la gauche ou la droite, dévié vers le haut suivant un angle déterminé, signifie que la direction du vol doit dévier suivant le même angle, vers la gauche ou la droite, par rapport à la position du soleil. »

Que se passe-t-il maintenant quand le ciel est couvert ? […] L’indication sur la position du soleil leur et donnée par la polarisation de la lumière. En effet, , »la lumière qui nous parvient du ciel bleu est en grande partie polarisée, ce qui signifie que le sens de sa vibration est orientée de façon précise en fonction de la position du soleil ».

 

Questions :

a) Qu’est-ce qui a suscité l ‘étonnement de Karl Von Frisch ?


b)Qu’est-ce qui signifie l’éloignement ?

c) Comment les abeilles savent-elles dans quelle direction chercher ?  Qu’est-e qui sert à signifier l’orientation ?

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Texte B) J. VAUCLAIR, Sciences Humaines, cf manuel p 104 105

Lorsque les singes « parlent », ils ne disent pas la même chose que nous. On peut le voir dans ce qu’on appelle les modalités de la communication ; Il y en a deux principales injonctive, qui désigne les demandes et les ordres (« viens », « sortons », « donne ») et déclarative, où le langage sert à échanger des informations sur le monde ou sur soi-même. Quand je vous dis : «  le chat est dans le jardin »,je vous informe de l’existence de cet animal et de sa place. Parmi les énoncés produits par les chimpanzés, même les plus malins comme Kanzi(1), on ne trouve pratiquement que des injonctions. Chez l’enfant humain, cette modalité injonctive est présente, mais elle cède la place très vite à la modalité déclarative ; C’est une différence capitale :toute la communication animale connue à ce jour semble être de type injonctif. Dans les situations de laboratoire, et contrairement à l’enfant, les singes ne produisent pas de messages sur leurs états intérieurs.

Quand au langage proprement dit-il me semble que celui du chimpanzé ne rentrera  jamais dans les cadres du langage humain. Je soutiens l’idée d’une discontinuité entre l’homme et l’animal, y compris les primates, pour tout ce qui est des fonctions linguistiques. Cela est vrai également d’autres capacités symboliques : l’homme utilise les objets non seulement comme outils, mais comme support de relations, à travers l’échange notamment. Autan on peut admettre une continuité en matière de perception, de mémoire, autant l’étude la communication révèle qu’il existe une discontinuité entre l’homme et l’animal.

( 1) chimpanzé nain- bonobo - célèbre pour des expériences de communication à l’aide des symboles, note de Magnard)

Question : En quoi y at-il une discontinuité entre l’homme et l’animal ?


 

 

Texte C) BERGSON L’évolution créatrice


 

 Cette tendance du signe à se transporter d’un objet à un autre est caractéristique du langage humain. On l’observe chez le petit enfant , du jour où il commence à parler. Tout de suite, et naturellement, il étend le sens des mots qu’il apprend, profitant du rapprochement le plus accidentel ou de la plus lointaine analogie pour détacher et transporter ailleurs le signe qu’on avait attaché devant lui à un objet. »N’importe quoi peut désigner n’importe quoi », tel est le principe du langage enfantin. On a eu tort de confondre cette tendance avec la faculté de généraliser. Les animaux, eux-même généralisent, et d’ailleurs, un signe, fût-il instinctif, représente toujours plus ou moins un genre. Ce qu caractérise les signes du langage humain, ce n’est pas tant leur généralité que leur mobilité. Le signe instinctif est un signe adhérent, le signe intelligent est un signe mobile.

 

Question : Qu’avons-nous tendance à confondre ? Quelle est la distinction opérée par Bergson ?

 

 

Texte D) DESCARTES Lettre au Marquis de Newcastle du 23 novembre 1646

Car bien que Montaigne et Charron aient dit qu’il y a plus de différence d’homme à homme que d’homme à bête, il ne s’est jamais trouvé aucune bête si parfaite, qu’elle ait usé de quelques signe,  pour faire entendre à d’autres animaux quelque chose qui n’eût point de rapport à ses passions ; et il n’ y a pas d’homme si imparfait, qu’il n’en use ;  en sorte que ceux qui sont sourds et muets, inventent des signes particuliers, par lesquels ils expriment leur pensées.

 

Question :  Quelle est la spécificité du langage humain ?

 

 

Texte E) BENVENISTE Coup d’œil  sur le développement de la linguistique

Cette capacité symbolique est à la base des fonctions conceptuelles. La pensée n’est rien d’autre que ce pouvoir de construire des représentations des choses et d’opérer sur ces représentations. Elle est par essence symbolique. La transformation symbolique des éléments de la réalité ou de l’expérience en concepts est le processus par lequel s’accomplit le pouvoir rationalisant de l’esprit. La pensée n’est pas un simple reflet du monde ; elle catégorise la réalité, et en cette fonction organisatrice elle est si étroitement associée au langage qu’on peut être tenté d’identifier pensée et langage à ce point de vue.

 

Question : Quelle est l’essence de la pensée ?


 

 

 


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Publié dans Le langage

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