Herméneutique ( l'art de l'interprétation) fiche
Herméneutique ( notion Interprétation)
Définition : « Appelons herméneutique l’ensemble des connaissances et des techniques qui permettent de faire parler les signes et de découvrir leur sens » Michel Foucault
Ety. Herméneuein = exprimer, expliquer
Représentants de ce courant : GADAMER (Vérité et méthode, 1960) et Paul RICOEUR (De l’interprétation, 1965 ; La métaphore vive, 1975 ; Temps et récit , 1983-1990) ;
Et aussi :
Friedrich Schleiermacher : Empathie, comme condition de la compréhension
William DILTHEY : analyse de la différence entre EXPLIQEUR ET COMPRENDRE
Pourquoi la question se pose-t-elle ? Si l’homme est un être libre, alors on ne peut l’étudier sur el modèle des sciences de la nature. A défaut de pouvoir expliquer et démontrer, on peut tenter de comprendre et d’interpréter. Il convient donc de vérifier els conditions d’une bonne compréhension, de façon à ce que l’interprétation ne soit pas simplement subjective. C’est donc le souci philosophique de vérité qui anime la démarche herméneutique : Vérifions que notre interprétation de l’homme ne soit pas subjective. C’est important car on en peut abandonner l’homme à la science qui en a fait un être morcelé, scindé en âme et corps machine (et le réductionnisme offre une prise à la barbarie) alors qu’une connaissance de l’homme est nécessaire, non seulement pour témoigner de l’histoire de l’humanité, de la vie de l’esprit, mais aussi parce que la paix se gagne apr al culture
Définition de l’acte de comprendre
On peut analyser la manière dont nous interprétons
Ex GADAMER distingue 3 moments dans l’acte de comprendre
- Compréhension : saisir el sens conforme à l’intention
- Interprétation qui est transposition, comprendre d’une nouvelle manière
- Application : tirer les leçons, mettre en valeur un sens, jouer
3 moments indissociables : ce qu’on a retenu, transposé et mis en valeur.
L’une des conceptions les plus fameuses :
Le cercle herméneutique : « comprendre pour croire et croire pour comprendre »
Quiconque veut comprendre un texte a toujours un projet. La compréhension est une fausse immédiateté, l’intuition est précédée d’explications antérieures, de l’expérience culturelle. Il y a plusieurs couches de sens déjà là. Quand j’interprète le présent avec tout mon passé, ma mémoire, mon imagination et ma culture.
EX : On Interprète une œuvre d’art en fonction de son goût, de sa culture
RICOEUR : « nous ne comprenons que par le grand détour des signes d’humanité déposés dans les œuvres de la culture » fausse immédiateté. Le sens du réel est déposé dans l’imaginaire. LA CULTURE précède la perception.
Ce qui facilite la compréhension :
Aristote : « Bien métaphoriser, c’est bien apercevoirles ressemblances. »
RICOEUR : La Phénoménologie herméneutique
Ce qui est censé faciliter la compréhension : la métaphore et le récit : construire une médiation par l’imagination
Ce qui la rend difficile :
L’observation de l’homme modifie la réalité observée. Cf. Difficultés de la sociologie Ethique de la relation à autrui.
Importance :
EXEGESE : art d’interpréter RICOEUR, reconnu par le Vatican comme meilleure méthode d’interprétation de la Bible. Rigueur de la méthode de l’herméneutique
Bénéfices : L’interprétation méthodique permet une meilleure connaissance de l’homme. Si l’homme est un sujet, c’est-à-dire conscient et libre, alors ses comportements ne sont mathématisables. La simplicité du modèle des sciences de la nature est inopérante pour étudier la nature humaine. Il faut donc se donner une méthode pour connaître l’humain, son identité et réfléchir, sur els conditions d’une bonne compréhension, à défaut d’une connaissance certaine impossible.
Ricoeur : « Le sujet ne se connait pas lui-même directement, mais seulement à travers les signes déposés dans sa mémoire et son imaginaire par les grandes cultures »
Nous n’avons donc qu’indirectement connaissance de nous même : Le sujet a besoin de la médiation de l’autre. Le sujet n’est pas le « moi », il est narrativité, entre promesse et récit.
Le temps se connaît davantage par l’art que par la science, et plus précisément par le récit : la fiction est, en effet, reconstitution de l’expérience temporelle. Comment la science pourrait-elle rendre compte du temps vécu ? Proust.
La tradition a confondu : la substance et la personnalité, l’immuable et l’identité véritable du sujet, qui est temporel et qui donc ne cesse de changer, en fonction de ses expériences. Par contre, chacun se reconnaît comme le même dans des temps différents : par ex. la promesse nous engage dans le temps, elle est reconnue comme un devoir par celui qui a le souci d’être fidèle à lui-même. L’identité est d’abord vécue dans l’obligation morale.
Rem :
- La lecture, elle-même transforme le lecteur, elle nous ouvre à nous même, elle nous transporte. Phénomène d’identification au héros, nous vivons de multiples identités.
- Critique de la scientificité de la psychanalyse.
Cf. aussi Sociologie : recherche de descriptions Durkheim : "les faits sociaux doivent être traités comme des choses »