Technique, liberté, travail
| LA TECHNIQUE
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| Quelle est la place de la technique dans l'existence humaine ? Cf Texte de Bergson : L'homme est un homo faber avant d'être un homo sapiens.Cette capacité à fabriquer des objets artificiels influence si profondément l'environnement que les inventions dessinent les étapes de l'humanité. Les progrès ont permis à l’homme de réaliser de nombreux rêves ( voler, conquérir l’espace, procréer artificiellement…) ainsi que de le libérer de l’esclavage (cf Texte 12 p 50). Néanmoins, le monde contemporain montre les limites de ces nouveaux pouvoirs. La technique génère de nouvelles peurs (et réveille Frankenstein ), l’homme s’invente des catastrophes inédites ( Tchernobyl , pollution ) l’obligeant à repenser sa responsabilité. L’homme est-il le maître ou l’esclave de sa technique ? La puissance de l’homme s’étend , la reflexion se doit d’en mesurer les risques.Avec cette question, nous sommes conduits à penser l’action humaine, non seulement enterme d’éfficacité, mais aussi en terme axiologique. Qua’est-ce qui fait la valeur d’une action ? La technique peut-elle se passer de l’éthique ?
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1) SAVOIR ET SAVOIR FAIRE
| a) L’homme qui fabrique un objet allie habilement savoir et savoir faire, théorie et pratique, ou encore connaissance de systèmes et de procédées d’exécution. Animé par le goût du concret, il vise l’efficacité puisqu’il aime le travail bien fait, c’est-à-dire la qualité. L’origine grecque du mot technique ( « technè ») souligne cette habileté à faire quelquechose. Ce même terme était employé pour parler de l’art. Les deux sens du mot : « L’ensemble des procédés empiriques (c’est-à-dire fondés sur l’expéreince) mis en œuvre pour réaliser certianes fins. » J.Russ Dictionnaire de philosophie. En fonction de l’évolution des techniques dans le sens de la spécialisation, le mot traduit la place plus importante de la théorie et signifie : « l’application des connaissances scientifiques. » J.Russ. En privilégiant la recherche, le technicien s’est transformé en ingénieur, mais la place de la main d’œuvre est de plus en plus réduite. Faut-il s’en réjouir ? Oui, si la société n’exclut pas et ne produit pas des chômeurs, mais s’interesse aussi aux nouveaux besoins et aux problèmes d’adaptation des personnes ainsi qu’a leur projet de vie. Certains progrès ne devraient-ils pas nous libérer des tâches les plus pénibles et dégager du temps de loisirs ?
b)Comment comprendre, dès lors, que certains dévalorisent la technique ? Ce n’est pas simplement la crise qui est en cause, mais aussi une certaine forme de mépris. La technique, comme production a but uilitaire, est parfois regardée comme asservie aux exigences du corps. si elle n’opère qu’au niveau de la nature et non de l’esprit, alors elle ne représente pas ce qui fait la dignité de l’homme. Autrement dit, la technique est issue du besoin de suppléer aux faiblesses de la nature humaine (ex : se chauffer, se vêtir, se loger ), mais nous sommes en quelque sorte obligés de pallier à ses insuffisances. L’opinion opposait à cette activité servile, la noblesse des arts libres et de la contemplation. Mais, comme le souligne Diderot dans l’article « Art » de l’Encyclopédie , les plus grands ont su reconnaître le mérite de la technique (Texte 14 p 51 ).
c) Ainsi, il faut noter que le savoir et le savoir faire ne sont pas nécessairement en opposition.. Le savoir permet au savoir faire de se développer et le savoir faire permet à la science de progresser (ex : télescope, microscope, scanner). Si la coopération entre le scientifique et le technicien est bénéfique à la société, il importe de ne pas se couper du reste du monde en s’enfermant dans son activité routinière et en méprisant les autres domaines d’intervention sur le réel. |
2) LA VOLONTE DE PUISSANCE
En quoi la technique est-elle liée à une volonté de puissance ?
a) Notre civilisation moderne repose, en partie, sur une culture technique. En effet, l’occidental n’a cessé de chercher les moyens d’une action toujours plus efficace. Mais, il importe de remarquer qu’en affinant son savoir-faire, il affirme, par là-même, sa puissance. En outre, dans l’univers économique, la concurrence s’appuie sur l’argument technique (nouveaux procédés de fabrication plus productifs, nouvelles techniques de vente, innovation ). De plus, comme le remarquent des intellectules contemporains, vendre un TGV ou un ordinatuer, ce n’est pas seulement vendre un objet, c’est aussi transposer une culture et étendre son rayonnement.
Ainsi, il semble que la volonté de puissance explique le développement de la technique.
b) L’horizon artificiel a considérablement changé les rapports que l’homme entretient avec la nature.
La maîtrise du feu, représente le passege de la nature à la culture. En effet, le feu ne permet pas seulement à l’homme de se défendre contre las animaux et de duire ses aliments, il le fait entrer dans la civilisation. Maîtriser un élement naturel, c’est dominer ses craintes et augmenter se puissance. Plutôt que de se laisser fasciner par la magie des forces naturelles( comme dans les sociétés dites primitives) l’homme va tenter de les imiter et de « devenir comme maître et possesseur de la nature. »
(cf aussi dossier TD Les pouvoirs de la technique : ce que le nucléaire a changé)
c) Le projet de devenir comme « maître et possesseur de la nature »est celui de Descartes
Lire le texte du manuel n° 09 p 20
Remarques pour comprendre le caractère original de la conception de l’auteur du Discours de la méthode (1637)
*Descartes distingue philosophie spéculative et philosophie pratique (ligne 15). Il est préférable de construire un savoir utile à la vie (l 14) que de s’enfermer dans la stérilité su savoir pour le savoir.
Il souhaite voir se concrétiser la coopération entre savoir et savoir faire ( « travailler ensemble » l 64 à fin); il revalorise ainsi la technique en critiquant ceux qui « tiennent caché »(l 09) leur savoir. On ne peut décemment construire des théories sans adapter nos connaissances à la réalité ou sans réfléchir à la méthode (aujourd’hui cette conception semble aller de soi pour les français se disant cartésiens).
Remarque : La sagesse n’est plus opposée à l’habilité ( « un moyen qui rende communément les hommes plus sages et habiles » l 37 ) , il n’y a pas de supériorité de la théoria sur la technè, au contraire, ce qui est moral c’est d’être utile.
**Avantages du développement de la technique
- l’invention d’une infinité d’artifices (l 25) rendra le travail mopins laborieux
- Nos connaissances en médecine pourraient progresser si nous réflechissons aux moyens à mettre en œuvre pour parvenir à nos fins
ex : étude des causes de la viellesse (l 50 )
réfléchir aux expériences scientifiques ( l 61), (rappel : Galilée vient d’être condamné,
les dissections de cadavres furent longtemps clandestines )
Nous pourrons ainsi améliorer la santé des hommes ( l 31) , ce qui est primordial pour construire le bonheur.
Ce développement de la technique passe par la conquête de la nature qui, désacralisée, devient objet d’expérience. C’est la que s’exprime la volonté de puissance de Descartes.
Présupposés :
La structure de la réalité est double : la substance pensante et la substance étendue. L’homme se définit par la conscience. En effet, je ne peux pas ne pas penser, mais je ne suis pas mon corps, dont une partie peut être supprimée sans pour autant que je cesse d’être humain.
Descartes chasse les esprits des forêts et, plus généralement, de la nature pour faire du corps une machine qu’on peut étudier mécaniquement, c’est-à-dire à la façon dont Galilée étudie l’espace. Si la nature cesse d’être intouchable (sacrée, spirituelle), alors on peut étudier scientifiquement les corps étendus sans gêner les représentations religieuses (puisque l’âme est séparée du corps= substance pensante).
Conséquences :
Le projet cartésien de devenir comme maître et possesseur de la nature a influencé l’histoire occidentale en favorisant l’industrialisation, la conquête de l’espace de ce monde extérieur qui nous apparaît depuis Descartes comme une chose simplement étendue et non spirituelle.
Remarque :
La fin du XX° signe avec l’écologie la fin du cartésianisme. Il ya des limites à la volonté de puissance de l’homme. Celui-ci est responsable des transformations qu’il opère dans son milieu
En résumé, le message de Descartes dans ce texte :
Il est moral de procurer le bien général de tous les hommes (l 10 )
Or, le développement des sciences et de la technique y contribue ( ce qui leur confère une valeur)
Il faut donc, si nous voulons construire le bonheur de l’humanité, encourager la volonté de puissance ou la conquête de la nature
3) ALIENATION ET TECHNOPHOBIE
Le progrès technique a permis d’améliorer le niveau de vie du monde occidental, mais, au niveau planétaire, la question du partage des nouvelles richesses produites reste toujours problématique.
De plus, la modernité suscite de nouvelles peurs ( nucléaire, manipulations génétiques, guerre bactériologiques) qui ne relèvent pas simplement du fantasme mais qui traduisent des risques réels pour l’avenir des démocraties.
Suffit-il de savoir faire pour être sage ? Selon certains penseurs modernes, l’homme s’est laissé piégé par les pouvoirs qu’il s’est donné, il s’est aliéné, c’est-à-dire qu’il est devenu l’esclave de la technique, prisonnier de ses rêves, il s’est rendu étranger à lui-même.
a) Le conditionnement de l’ouvrier :
Quelle est la place occupée par la machine dans l’existence de l’homme ? Souhaitons-nous subir l’apparition de la nouveauté ou voulons-nous gérer son utilisation, ce qui suppose un inventaire des besoins, de façon à en maîtriser les effets pervers et à la rendre compatible avec le mode de vie humain ?
Hannah Arendt s’interroge sur les effets du progrès technique et mesure la distance entre l’outil et la machine. Le premier ne pose guère de problème fondamental d’adaptation, ce qui n’est pas le cas du second. L’outil apparaît comme un instrument de travail eu service de l’homme. Celui-ci en est le maître en même temps qu’il en est le manipulateur. C’est donc une impulsion humaine qui est au principe de l’action. Mais, même si l’homme ne devient pas véritablement l’esclave de la technique, pendant la durée du travail, il est greffé à cette sangsue qui détient les rênes de son activité, l’homme est donc, au moins conditionné par la machine, comme source possible d’aliénation. si, d’emblée, l’homme grandit au sein d’un univers artificiel, où il est déterminé par les fruits de son invention, le progrès technique tend à le rendre dépendant des machines. Ces monstres modernes fixent le rythme du travail et l’homme n’a d’autre choix que celui de s’adapter à la cadence ( contrairement à la manipulation d’outils). Le corps humain épousant la musique de l’artefact, on peut donc dès lors parler de conditionnement.
Quels sont les risques de dérives de la société ? Quelle place laissons-nous au temps de réflexion ? Y a-t-il, avec l’aliénation de l’ouvrier, confiscation de la citoyenneté ? A quoi rime une vie purement machinale ? N’avons nous pas d’autres valeurs à défendre
b) Marx et l’aliénation de l’ouvrier
Le travail est-il un instrument de libération ou une aliénation ? Pourquoi travailler si le travail ne permet plus la réalisation de soi ? L’enjeu est de taille ; c’est de notre bonheur qu’il s’agit.
Marx dénonce la déshumanisation de l’ouvrier exploité, son activité contribue à son affaiblissement. Il est chosifiant dans la mesure où il ne permet plus l’épanouissement . S’appartenir, c’est être véritablement conforme à son essence. Or, le travail de l’ouvrier est dépossession.
« L’essence de l’aliénation consiste en ce que l’être humain s’objective de façon inhumaine, en opposition avec lui-même »
Des raisons morales sont ainsi, au principe de cette critique. Marx s’appuie sur la maxime kantienne qui montre que l’homme doit être traité comme une fin et jamais comme un moyen. Or, l’ouvrier devenant l’appendice d’une machine dont le salaire est l’entretien ,il est : « ravalé intellectuellement et physiquement au rang de machine. »
- Il arrive que le travail soit confisqué. Si l’évolution des techniques a apporté son lot de désespoirs, c’est parce que l’ouvrier est devenu l’esclave de la productivité et de la rentabilité, victime de la volonté de puissance des finances ou des classes dominantes. La division du travail ( Organisation Scientifique du Travail de Taylor ) ronge l’esprit de la main d’œuvre, quand la machine ne se substitue pas à l’homme, créant certes, du travail plus qualifié, mais rendant plus difficile l’adaptation des plus modestes.
Marx critique le fait que l’ouvrier ne puisse plus jouir des fruits de son travail, la marchandise fabriquée sera vendue par un autre et la valeur ajoutée ne sera même pas partagée. C’est là, la critique du capitalisme. L’homme auquel on ne confie qu’une tâche miniaturisée, ne peut plus se réaliser pleinement dans son travail.
A ces problèmes , s’ajoute aujourd’hui celui du chômage.
Qu’est-ce qui permettrait de retrouver l’essence humaine ?
L’intention du prussien est claire : « ce que nous voulons, c’est supprimer ce triste mode d’appropriation qui fait que l’ouvrier ne vit que pour accroître le capital et ne vit qu’autant que l’exigent les intérêts de la classe dominante. »
Ainsi, supprimer l’aliénation, c’est d’abord abolir la propriété privée. Le lieu de l’épanouissement de l’homme est donc le communisme.
L’homme ,dans sa vérité, est un être social, travaillant, jouissant.
En effet, Marx critique l’égoïsme de la société bourgeoise et souligne que nous ne sommes jamais totalement indépendant. Même notre conscience est déterminée par notre existence sociale.
Remarque :quelles conséquences pour la liberté ? « Si réellement l’individu correspond à son concept, en d’autres termes, si l’homme est réellement ce qu’il doit être dans son essence alors la liberté individuelle ne se distingue pas de la liberté générale ; car l’homme véritable vit seulement la vie de l’espèce et sépare pas son existence individuelle, particulière de l’existence générale. »
L’homme est un être jouissant et le sens de l ‘ « avoir » est une sorte d’aliénation de nos sens physiques et intellectuels.
Ainsi, il faut chercher des solutions politiques à l’aliénation de l’ouvrier, produite par la techni