REFLEXIONS SUR L HISTOIRE

Publié le par Prof

 

L’HISTOIRE

 

                                       Après le 11 Septembre 2001, un temps de réflexion sur l’histoire s’imposait, c’estd’autant plus vrai pour ceux qui ont visité le mémorial de Caen et les plages du débarquement.. Ce dossier a pour seule ambition de vous donner quelques éléments clairs suceptibles de nourrir votre réflexion.

Les deux premiers chapitres renvoient à la partie du programme « Sciences de la nature et sciences humaine »,et poursuivent notre recherche sur la condition humaine. Le troisième chapitre porte sur le sens de l’agir.

Chapitre n° 01 :L’histoire comme constitution d’une science de l’homme

 

 

 

1. Son objet

2. Sa méthode

3. Difficultés

 

 

Chapitre n° 02 : Peut-on étudier l’homme sur le modèle des sciences de la nature ?

 

 

1. Réponse positive :

     a) Le projet de Hume

     b)  L’influence de Montesquieu

     c)  La méthode « more géométrico » de Spinoza

 

2.Réponse négative :

     a) Nature et histoire

     b) Phénomène naturel et évènement historique

     c) L’homme libre et imprévisible

 

Chapitre n° 03 : Le problème du sens de l’histoire

 

 

1. Le processus historique

     a) Le progrès

     b) Problèmes d’interprétation

     c) Philosophies de l’histoire :Hegel et Marx

 

2. Le sens moral

     a) L’histoire peut-elle donner des leçons de morale ?

     b) Nécessité de la mémoire et de l’éducation

     c) Fatum et responsabilité

 

 

 

 

L’HISTOIRE  / Introduction

 

L’observateur contemporain est pris de vertige devant le spectacle de la barbarie du XX°. Que sont devenus les espoirs de l’Aufklarüng( Les Lumières)  ? L’histoire est-elle une fatalité ?

Notre ambition se limitera, ici, à étudier ce que peut représenter l’histoire pour l’homme.

Notons d’abord la polysémie du terme « histoire ». Selon R. Aron : « L’histoire, au sens étroit est la science du passé humain. Au sens large, elle étudie le devenir de la terre, du ciel et des espèces, aussi bien que de la civilisation. D’autre part, au sens concret, le terme histoire désigne une certaine réalité, au sens formel, la connaissance de cette réalité. »

A l’origine, l’histoire se présente comme une enquête. Hérodote (-484 -425 ), le père de l’histoire enquête afin « que le temps n’abolisse pas les travaux des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l’oubli. »

Nous analyserons ainsi les relations que les hommes entretiennent avec leurs passés et avec leurs futurs. Comment penser l’action ? Y a-t-il un processus historique ? Ce processus a-t-il un sens ? L’homme peut-il faire l’histoire ? l’histoire fait-elle l’homme ? Ces nombreuses questions engagent toutes la liberté.

 

 


CHAPITRE N° 01 : L’ histoire comme constitution

d’une science de l’homme

 

1. Son objet

2. Sa méthode

3. Difficultés

1. Son objet :

L’histoire étudie le passé humain.

a) L’histoire n’est-elle qu’évènementielle ?

 

En se penchant sur le passé, l’historien découvre des personnages  des acteurs, situations dramatiques, des guerres, des évènements marquants, comme la Révolution française ou le pas d’Armstrong ou encore la naissance de Jésus.

« La vie, l’histoire du monde, toutes les histoires particulières se présentent à nous sous la forme d’une série d’évènements :  entendez d’actes toujours dramatiques et brefs. Une bataille, une rencontre d’hommes d’Etat, un discours important, une lettre capitale sont des instantanés d’histoire. » Fernand Braudel, Ecrits sur l’histoire 1950.

Il nous faut souligner le caractère partiel de cette représentation des actions humaines.

En effet, la valorisation de la chronologie ou de l’évènementiel tend à faire penser que l’histoire n’est qu’une somme de ruptures successives. On en déduit alors aisément que l’existence humaine est fondamentalement chaotique. De plus, certains s’imaginent que le passé (étant dépassé) n’a plus aucun rapport avec moi, qu’il n’est plus intéressant.

 

b) L’intrigue humaine

 

En réalité, la datation est secondaire eu égard au processus intelligible qu’il s’agit d’analyser, comme le souligne Paul Veyne ( né en 1930 ).

C’est que l’homme n’est pas sans rapport avec son passé ! Au contraire, il est le produit de l’histoire ! En effet, mon existence s’enracine dans la lignée humaine. J’ai une histoire naturelle. Mais ce n’est pas tout, puisque l’homme transmet son expérience (même si ce n’est pas toujours profitable), son oeuvre et son cadre de vie aux générations suivantes. Autrement dit, l’ « hérédité biologique » s’articule à l’ « héritage culturel » ( les expressions entre guillemets sont de Claude Levi-Strauss,

anthropologue ). Je nais  et je pense à l’intérieur d’une situation historique déterminée. Aussi, la formation de mes propres idées s’appuie sur un ensemble de traditions, de coutumes, de moeurs ... définissant un système idéologique dans lequel je baigne. Je ne suis donc pas sans rapport avec mon passé, même en le dépassant. J’agis avec ma culture ; il faudrait dire plutôt, à partir de ma culture, en m’appuyant sur un héritage culturel et sur le produit de mes acquisitions personnelles.

Autrement dit, l’homme est plongé dans le flux historique. Comme le souligne Bergson il n’y a d’histoire que pour une conscience temporelle. Heidegger développe ce point de vue en parlant d’historicité de l’homme.

Ainsi, étudier l’histoire, c’est s’intéresser à l’action d’un animal historique. L’histoire ne doit donc pas analyser une succession d’évènements sans lien entre eux, mais elle doit tenter de mettre en pleine lumière l’intrigue humaine, c’est-à-dire d’expliquer un enchaînement d’évènements, une suite d’idées et d’actions humaines.

« Ainsi les évènements : au-delà de leur lueur, l’obscurité reste victorieuse(...). La tâche est justement de dépasser cette marge première de l’histoire. Il  faut aborder en elles-mêmes et pour elles-mêmes, les réalités sociales. » Fernand Braudel ( 1902-1985) entendait  ainsi changer les façons de faire de l’histoire et apporter un autre éclairage sur l’évolution humaine.

 

b) La méthode :

 

                                                  L’histoire qui étudie la suite des évènements ou le passé humain constitue-t-elle une connaissance rationnelle établissant des lois ? La question a souvent été posée à l’historien.  « L’histoire est-elle une science ? ». L’historien fournit un effort de rigueur scientifique indéniable, même s’il ne sagit pas d’une science exacte. En quoi consiste son travail ?

Par exemple, si je veux étudier la grève des lycéens de l’année dernière...

1. Je peux me reporte à des archives ou documents. Ex : reportages T.V. ( document audiovisuel). Remarquons au passage, qu’aujourd’hui, les pays riches disposent de moyens de « couverture des évènements » , ce qui témoigne d’un souci de vérité et de mémoire.

2. Il faut que je définisse le fait historique et que j’étudie ce qui a eu lieu.

Ex : nombre de manifestants , durée de la manifestation ,message exprimé, composition socio-politique des participants...

3. Il faut, enfin, que je sois capable d’articuler les faits

Quelle est l’origine de la manifestation ? Motivations ? Réactions du gouvernement ? Raisons de la fin du mouvement ?

 

En résumé, le travail de l’historien récclame des qualités d’analyse et  de synthèse .

Sa tâche consiste à interpréter .

Il procède par hypothèses, au moyen de documents ( traces, témoignages...).

Remarque :  Hegel souligne ainsi la valeur de l’écriture. V.S.Naipaul expose les limites de la transmission orale de la culture  .

L’analyse suppose un esprit critique et un souci de vérification des soures.

La synthèse doit s’attacher à restituer l’enchaînement  des évènements avec vigilance.

On appelle méthode positive, celle qui consiste à définir précisément  un fait.

C’est la méthode moderne qui a entraîné le développement de l’archéologie, de la philologie, l’augmentation du nombre de bibliothèques et l’apparition de médiathèques.  Cela témoigne aussi d’une envie de conserver un patrimoine ,de diffuser et de transmettre une culture.


c) Difficultés                         

 Quelques difficultés de la tâche de l’historien.

-          Un problème de vérification des sources

-          Un problème posé par les témoignages

-Un problème d’objectivité : Staline a, par   exemple, tenté de minimiser le rôle de Trotsky

-Soulignons, par ailleurs,  l’importance du choix des mots. On peut, en effet évoquer Pétain par Le père la défaite ou le père la victoire !

-Un problème du choix des causes .

Une multiplicité de causes est suceptible d’expliquer un même évènement. L’historien peut-il être « objectif » dans son choix ? Est-il toujours neutre ?

 

                      Ex : Quelles sont les causes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 aout 1789 ?

 

Faut-il s’intéresser aux antécédants : -conjoncture

                                                            - structure

                                                            - acteurs, lesquels ?

                                                            - influences idéologiques : révolution anglaise,

                                                                 Rousseau, judéo-christianisme ?

 

Dans l’entourage éclairé de Louis XVI :On peut souligner le rôle de Turgot, l’instauration de la liberté du commerce et de l’industrie en 1774, l’abolition des corvées en 1776. Comment mesurer l’influence de ces changements ? Relevons aussi l’action du très populaire Necker : suppression du servage, tentative d’abolition de la torture, réorganisation des hopitaux,. En 1781, les comptes  de la nation sont rendus publics. Comment relier ces différents évènements ? Comment  en mesurer les conséquences ?

La connaissance du montant des pensions attribuées à quelques  « privilégiés » a entraîné une explosion qui a abouti à la démission de Necker. Son successeur Calonne fut renvoyé en 1787. Comment  en retrouver les raisons ? Le choix peut-il être

« objectif » ? quels sont les évènements qui ont pu favoriser l’apparition de violences ? Les Etats Généraux du 05 Mai 1789 ? La déclaration de l’Assemblée constituante du 09 Juillet ? L’appel aux armes de Camille Desmoulins ? Comment un appel peut-il recevoir un écho dans la population ? La prise de la Bastille ?

 

 Ne faut-il retenir que les évènements proches ?

 

Problème : Tout est-il lié dans l’histoire ?

Implications de cette conception :

 Suis-je libre au moment où je décide d’entreprendre quelquechose ? Suis-je « suffisamment  éclairé » pour sélectionner les causes qui sont suceptibles d’expliquer ma décision ?

Comment évaluer une cause ?

 

Exercice :

 

Commenter cette formule de Pascal : « Petite cause, grands effets » , « Si le nez de Cléopatre avait été moins long, la face du monde aurait été changée. »

 

Questions pour trouver des idées :

 

Tout est-il lié dans l’histoire réélle,c’est-à-dire dans le déploiement des actions humaines qui formeraint ainsi une sorte de tissu ;ou l’histoire comme science n’est-elle que l’histoire des historiens ? Autrement dit, il s’agit de savoir si l’explication d’un évènement  n’est qu’un moyen pour l’historien de mesurer et de comprendre une partie des actions humaines ; il y aurait donc un part d’arbitraire. Mais si on établit une relation entre deux évènements, on présuppose peut-être qu’il existe une interaction entre les différents êtres humains, passés, présents et avenir. L’histoire serait donc un processus, une marche en avant. La principale difficulté consiste alors à interpréter ce processus. A-t-il un sens? Le sens que je lui donne ?

Peut-on dire que tout a une cause ? Si tout a une cause , alors il y a un enchaînement nécessaire des évènements. Y a-t-il alors un destin ? Peut-on parler d’accident de l’histoire ? Je peux me croire libre et ignorer la véritable cause qui me pousse à l’action remarque Spinoza. Mais, ainsi, l’interprétation de l’historien n’est pas neutre, elle engage et véhicule une représentation de l’être humain.


Chapitre n°02 : Peut-on étudier l’homme sur le modèle des sciences de la nature  ?

 

1. Réponse positive

2. Réponse négative

 

1. OUI ,on peut étudier l’homme sur le modèle des sciences de la nature.

 

a) Le projet de Hume

 

Hume, philosophe empiriste, (1711-1776 ), forme le projet de constituer une science humaine sur le modèle des sciences physiques. S’inspirant de Newton, il essaie d’introduire la méthode expérimentale en psychologie ou dans l’analyse de l’être humain.

Dans le texte N°   Hume analyse une sorte de mécanisme historique et souligne l’interêt de l’étude de l’histoire : « Les mêmes motifs produisent toujours les mêmes effets ; les mêmes évènements suivent le mêmes causes. »  Avec l’histoire, nous découvrons les « principes constants et universels de la nature humaine. » Enquête sur l’entendement humain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


b) L’influence de Montesquieu :

 

Charles Louis de Secondat a influencé nombre de sociologues .

(cf schéma document , résumé de sa pensée )

Question : Y a-t-il des lois de l’histoire ?

 

 

Publicité

Publié dans L'histoire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article