Analyse de problématique. Sujet texte.
Le sujet texte : La question de réflexion.
Texte de référence :
| Ce que les gens veulent, c’est qu’on naisse lâche ou héros. Un des reproches qu’on fait le plus souvent aux Chemins de la liberté(1), se formule ainsi : mais enfin, ces gens qui sont si veules, comment en ferez-vous des héros ? Cette objection prête plutôt à rire car elle suppose que les gens naissent héros. Et au fond, c’est cela que les gens souhaitent penser : si vous naissez lâches, vous serez parfaitement tranquilles, vous n’y pouvez rien, vous serez lâches toute votre vie, quoique vous fassiez ; si vous naissez héros vous serez parfaitement tranquilles, vous serez héros toute votre vie, vous boirez comme un héros, vous mangerez comme un héros. Ce que dit l’existentialiste (2), c’est que le lâche se fait lâche, que le héros se fait héros ; il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d’être un héros. Ce qui compte, c’est l’engagement total, et ce n’est pas un cas particulier, une action particulière qui vous engage totalement. SARTRE L’existentialisme est un humanisme |
Démarche à suivre : Le but de la dernière quesion est d’expliquer la problématique, de préciser l’intérêt philosophique du texte et d’évaluer la position de l’auteur. La thèse étant l’une des réponses possibles à la problématique, il faut chercher s’il n’y a pas d’autres réponses, ce qui fait la pertinence et les limites de la position choisie par l’auteur.
Soignez bien la présentation, cette question est la plus difficile et la plus importante. Il vous faut une mini intro, au moins deux paragraphes distincts et une mini conclusion.
Erreurs à ne pas commettre :
Ne pas se contenter d’une phrase pour expliquer le problème, il faut vraiment décortiquer.
Critiquer n’est pas dire « c’est bien ou c’est mal », c’est, par exemple dire en quoi une thèse est jsute, contestable ou dangereuse.
Attention, si vous n’avez pas d’idées, ne pas contester pour contester l’auteur, tout doit être justifié.
***************************************************************************************
Exemple de réponse possible
Soit le texte de Sartre, la question est la suivante : Sommes-nous responsables de la moralité de nos actes ?
La question nous invite à réfléchir sur la problématique de Sartre.
En effet, si je naîs lâche ou héros, je ne suis pas responsable de mes actes, je n’ai aucun mérite ni aucun tort, parce que c’est la nature qui m’a fait ainsi, et je n’y peux rien. La croyance qui sous-tend cette opinion est que l’homme n’est pas libre. Le problème pourrait se formuler de la manière suivante : Ou bien, il y a une nature humaine, et l’homme a un destin moral, les uns sont voués à être héros, les autres ont le mauvais rôle. Ou bien, rien n’est figé a priori, ou du moins, si nous faisons preuve de lâcheté, aucune excuse n’est valable, car nous avons toujours le choix, notre seule nature c’est la liberté. Ce conflit d’interprétation de la nature humaine est aussi un conflit de valeur : De quoi pouvons-nous répondre ? Quels sont les actes qui nous sont imputables ?
Pour expliciter le problème, il convient de définir les termes de la question : La responsabilité, c’est la capacité à assumer ses actes ou à se porter garant des personnes dont on a la charge. Un enfant, n’est par exemple pas responsable, car il n’a pas assez de jugement pour évaluer la portée de ses actes, et il ne sait pas encore bien se contrôler. Par contre, un adulte responsable est une personne à la fois libre, cosnciente des risques, raisonnable, capable de prendre de bonens décisiosn. A contrario, l’irresponsable prend des décisiosn absurdes, incohérentes, ne sait pas vivre sous la direction de la raison, on le dit inconscient ou fou. De même, on ne convoque pas un animal ayant provoqué un accident devant un tribunal, car il ne mesure pas la portée de ses actes. L’homme responsable est donc un être de raison, capable de rendre comtpe de ses motivations et d’assumer ses actes. Un tribunal peut lui imputer des actes s’il est capable de se reconnaître comme en étant l’auteur. De la sorte, en France, sur le plan pénal, tout adulte est considéré comme responsable de ses actes. Toutefois, il convient de ne pas confondre légalité et moralité. En effet, la légalité est la conformité à la loi en vigueur dans un pays ; mais cette loi peut être immorale, comme dans certains pays où on reproche à des femmes de ne pas être voilées. La justice d’un pays n’a pas le monopole du bien et du mal. La moralité d’un acte est donc difficile à reconnaître puisque chaque culture semble prescrire et interdire ce qui importe à ses yeux. Mais la question dans ce texte n’est pas de savoir si nous sommes immoraux ou pas, mais si nous sommes a/moraux, c’est-à-dire en dehors de la sphère morale, comme le comportement du chien agressif n’est ni moral ni immoral. Savons-nous vraiment ce que nous faisons ? L’idée que seuls quelques euns sont des héros présuppose que la possibilité de réali ser un acte louable est mince, et que de la sorte, on ne saurait reprocher aux gens leur lâcheté. La vie est si difficile que parvenir à survire, et à nourrir sa famille est déjà une tâche suffisante, cela se fait souvent au prix de mille sacrifices, àlors de là à s’engager dans la résistance, à accomplir un exploit, il est inhumain d’exiger autant de chaque homme.
Et si les gens avaient raison ? Et si Sartre se trompait et exagérait ?
Sartre est sans pitié. Il condamne sans concession, l’intransigeance même ! Sommes-nous vraiment égaux devant la possibilité d’accomplir un acte vertueux ? Sartre est né au beau milieu d’une famille aisée ; mais celui qui grandit sans une éducation morale claire, voire sans valeurs, spectateur d’une misère ou d’une iolence quotidienne ? Celui qui n’a pas reçu d’affection ? Celui qui a été entraîné par son grand frère pour trafiquer, juste pour aider la mère à payer le loyer ? Celui qui tout simplement souffre dans sa chair et dont toutes les forces sont mobilisées pour lutter contre le mal qui le ronge ? Celui qui est né en Afrique, et qui a du violer et tuer sa mère et à qui on apprend à manger le cœur de ses soit-disant ennemis ? Il est facile de donner des leçons lorsqu’on a grandit dans la soie, sans avoir éprouvé la faim, la peur au milieu d’un chaos. En théorie, on veut bien admettre que nous sommes libres, mais n’y a-t-il pas des conditions favorables à la vertu et des cercles vicieux ? D’abord que peut-il savoir de la nature humaine ? La position de Sartre est loin d’être évidente, (d’ailleurs il a reconnu lui-même qu’elle était caricaturale) : Les déterminismes sont multiples : physiologiques (la génétique), psychologiques ( l’inconscient), sociologiques (les générations, les modes, la société de consommation), politiques (économie libérale ou non) : nous subissons de multiples influences qui laissent en nous uen empreinte.
Mais cela, Sartre ne peut l’ignorer. Alors que veut-il dire précisément ? Il lutte, peut être contre le défaitisme, contre le sentiment que tout est joué à l’avance. La victoire de Mai 45 l’a montré, le triomphe d’Hitler a été provisoire. Des gens supposés valeureux se sont montrés frileux et des petites gens se sont révélés être très courageux. Les lâches d’un jour ont pu se racheter le lendemain. La dernière phrase du texte est éloquente : « Ce n’est pas une action particulière qui vous engage totalement » C’est donc le fait de cataloguer les uns comme des héros et les autres comme des lâches qui est critiqué. Les rôles ne sont pas fixés à l’avance. On ne peut ni blâmer ni louer quelqu’un sans prendre en compte toute sa vie. A la limite c’est à la mort de quelqu’un qu’on peut mesurer sa valeur morale. Certains se révèlent très tardivement. Ainsi, Sartre n’est pas si cruel que cela. Il semble donc vouloir surtout réveiller les gens et leur montrer que tout peut changer. Il ne faut aps croire au destin, car sinon nous restons passifs, et alors, effectivement nos actes perdent de la valeur. Il faut prendre sa vie en main. Si je me dis que j’ai toujoours le choix, alors j’aurai effectivement plus de liberté. La responsabilité nous invite à l’action. Dépasse toi, un jour, il sera trop tard pour les regrets.
.