Dissert analyse de sujet : amour et désir

Publié le par MISTER L.

Question : L’ amour n’est –il que désir ?

 

 

 

Ce qui fait problème :

                                                        « Tu me tueras quand je cesserai d’exister  dans ton regard . Te porter au delà, se transporter… » Certes, l’amour éprouvé ne réclame pas toujours une réflexion ; il vaut mieux l’accepter, vivre ce mystère. Toutefois, il y a des illusions toxiques qu’il n’est pas tout à fait inutile d’identifier , ce qui n’interdit pas non plus de les vivre, mais ce qui donne du sens à notre mystérieuse vie affective.

                             L’amour comme le désir sont l’envers de la répulsion :  tous deux attachent le sujet a à un objet devenu précieux et le  porte irrésistiblement vers lui. L’attirance est à la fois éveil et puissant moteur d’action. La vie affective dans ses différentes couleurs est jouissance et déchirure, grandeur et décadence, héroïne ordinaire sans histoire ou Phèdre dévorée par les  « feux de Vénus ».

Mais si le désir est  « l’Appétit avec conscience de lui-même » (Spinoza),  l’amour est-il tout entier contenu dans la tendance ou dans la pulsion ?

                             Quand je me penche sur l’amour, j’y reconnais le désir mais quand je penche sur le désir , je n’y reconnais pas toujours l’amour. Le désir n’est pas toujours la « nostalgie d’une étoile », mais il épouse (en secondes noces )la possession ,comme une revanche sur le manque. Chacun pressent que l’amour vaut plus que le désir, non seulement par l’intensité du sentiment comme par son objet, simple  «  vis à vis », occasion de plaisir ou, au contraire, partenaire, chemin de communion des corps et des âmes, entrelacs.

L’amour est évidence et mystère pour la conscience, il est ce sur quoi je ne veux pas réfléchir, peut-être , de peur de le voir s’évanouir ou peut- être parce que je sais, sans même jamais l’avoir appris qu’il est un trésor de l’humanité, comme une mémoire de l’espèce. Il est vrai que l’amour est non seulement rêvé avant d’être découvert, mais il est surtout d’abord donné par le corps maternel.

 L’amour n’est pas seulement ce visage tragique dépeint par le poète solitaire, ni cette histoire sans histoire des couples heureux qui traversent ensemble les orages de la vie, il fait sens pour chaque conscience mais aussi pour l’humanité toute entière comme espèce et comme valeur.

 

La formulation du sujet nous invite déjà à reconsidérer la valeur de l’amour et du désir. L’amour est-il plus noble ? Le désir n’en est-il que le plus bas reflet ? L’opinion a-telle raison de les assimiler ?Comment prendre du recul sur cette affectivité souvent porteuse d’illusions.

L’adage selon lequel il n’ y pas d’amour heureux, n’est peut être que l’envers d’un désespoir. En étudiant de quelle façon l’amour et le désir sont liés nous essaieront de mettre des mots sur les certitudes et les mirages de cette affectivité qui témoignent à la fois de la grandeur et de la finitude de la conscience humaine.

 

 

 

F.Lcours/Désir/1.

 

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