Nature et culture : masculin et féminin notes
Exercice
Le masculin et le féminin ne doivent-ils rien à la culture ?
Analyse du sujet : Le sujet présuppose qu’il existe un courant de pensée renfermant l’identité sexuée dans la nature et refusant à la culture la possibilité d’influencer cette identité. C’est ce dernier point que la question invite à examiner : Est-il possible de ne devoir rien à la culture ? Il faudrait commencer par se demander ce que nous devons à la culture et ce que nous devons à la nature afin de repérer ce qui pourrait gêner les uns ou les autres ; mais cette tâche est fort difficile…et ce n’est pas le sujet principal.
L’expression « ne devoir rien à » nous met sur la piste du véritable problème.
D’où vient cette nostalgie de la nature et pourquoi vouloir se définir en fonction d’elle, alors qu’à l’évidence, le monde moderne s’en est éloigné et que les identités sociales sont en pleine mutation ?
Est-il juste d’écarter le déterminisme socio-culturel ? Peut-on éclipser le rôle de la culture dans la formation des identités sexuées ? Pourquoi s’opposer ainsi à une interprétation des origines du masculin et du féminin ? Quels sont les enjeux ? Quelles sont les éventuelles motivations idéologiques ?
Il y a dans ce questionnement une matière suffisante pour repérer des conflits d’interprétation et de valeur…
Toutefois, si la question nous invite à remettre en question une thèse, nous nous efforcerons de conserver notre esprit critique afin d’éviter l’excès inverse : occulter le poids du déterminisme biologique. De la sorte, ce à quoi le philosophe doit être attentif c’est la difficulté à être juste quand il s’agit de réfléchir sur l’origine de notre identité…De même, ne soyons pas naïfs, certains ont la tentation de ne pas être neutre puisque l’idée qu’on se fait du masculin et du féminin ne sera pas sans influence sur l’ordre social et les libertés publiques en général et sur la place de la femme dans la cité en particulier.
Plan
I Qu’est-ce qui est juste, contestable ou dangereux dans la thèse qui écarte le poids de la culture dans la formation des identités sexuées ?
1) Ce qui semble juste : A première vue, puisqu’on ne choisit pas de naître garçon ou fille, on ne voit pas comment la culture pourrait avoir son mot à dire…
Eléments d’argumentation :
- Ce que montre l’éthologie :Les différences de comportement
Cyrulnik coopération ou compétition
Braconnier
- La maternité
- Les hormones : expérience chez les blattes injecter hormones induit des postures féminines
La biochimie des passions : Le désir et les choix inconscients
Schopenhauer
Les femmes s’inscrivent
- Le cerveau hyp moderne Y aurait-il une cerveau homosexuel ? déficit hormonal
- Le naturalisme
- Le monde animal
- Les religions
2) Ce qui semble contestable : Premières objections….
- Ce qu’a montré la psychanalyse : Tout se joue avant 6 ans
- Ce qu’a montré la génétique : Séparer des jumeaux à la naissance…Il y aurait même des anomalies chromosomiques pus régulières qu’on ne le croit ( cf. Doc.)
- Ce que montre la sociologie : expérience le tests de maths et lettres filles / garçons
- Ce que montre l’histoire : En Egypte, la maquillage des hommes et le port de bijoux est le signe de la puissance…ainsi les parures ne sont pas l’apanage de la féminité.
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- Ce que montre l’ethnologie : en Afrique…les hommes sont choisis par les femmes
- Si ces qualités étaient naturelles, alors elles devraient être universelles, or l’histoire et l’ethnologie montre une formidable variation des normes en la matière. Ex chez les Tchambuli, ce sont les femmes sui assurent la fonction direction
- La philosophie contemporaine : Judith Butler : la notion de genre…
3) Ce qui semble dangereux :
- Si l’homme n’est qu’un être naturel : La liberté ne serait-elle qu’une illusion ?
- La place des femmes risque de régresser : on justifie la domination masculine en s ‘appuyant sur la nature pour éviter de corriger des inégalités. Bourdieu
- Le droit des homosexuels. Justification de la répression et de la cruauté…
- Choc des civilisations ? Comment cohabiter dans le même monde avec des valeurs antagonistes ?
Transition : Un problème se pose : On ne peut tenir sérieusement que la nature ou la culture auraient une influence exclusive sur nos identités.
II Pourquoi avons- nous du mal à reconnaître l’origine de notre masculinité ou féminité ?
1) Comment interpréter au plus juste l’origine ? l’identité humaine est complexe…mais chacun veut des réponses simples : on caricature. Tout est à la fois naturel et culturel en l’homme Merleau-Ponty
2) L’origine des erreurs d’interprétations :
a) Des siècles de tradition tendent à imposer en norme ce qui n’est que relatif , d’où l’illusion du naturel. Il est difficile de juger de la valeur de sa civilisation Montaigne et Levi Strauss
b) Le besoin de normes malgré tout… D’où viennent les crises d’identité ? Pourquoi avons-nous du mal à assumer les mutations ? l’homme n’a point d’instinct et il se raccroche à e qui lui semble éternel, permanent
c) Peur de la mort…lien entre sexe et fascination sur l’origine ; d’ailleurs influence des religions
3) Pour mieux comprendre les conflits de valeur : mesurons les conséquences sociologiques…
Les divisions masculins/féminins sont elles mêmes les produits d’une histoire…
a) Le poids de l’histoire :La révolution française et la recomposition des genres
b) Le poids de la religion christianisme et la place de la femme : l’égal ou la seconde ?
c) Le désir de liberté et de progrès social. L’influence de Simone de Beauvoir
d)
Conclusion : Le vrai fond du problème me semble être celui de la reconnaissance ( cf. Expérience )
Bibliographie :
Bourdieu : la domination masculine : définir les différences, c’est déjà reconduire les divisions normatives .Il faut aller à l’origine du pb